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Thomas JANNAUD

Des actualités personnelles sous un style impersonnel, et inversement.



10 jours au Costa Rica
"Pura vida" et bénévolat 30 Juillet 2013

Le Costa Rica, c'est la "djungueule". Voilà ce qu'une amie m'a mis en tête, la veille de mon départ, renforcé par le Lonely Planet qui parle de forêt vierge, de milliers d'espèces d'oiseaux et d'animaux, de jaguars, de l'esprit très écolo des habitants.

Sur place, plus ou moins le même combat qu'au Guatemala : 4/5 jours dans une association de protection des tortues puis 4/5 jours de visite avant de m'envoler vers les îles Gualapagos et de terminer mon périple en Equateur.

Premiers pas

Je lis dans l'avion que le Costa Rica est le pays le plus riche d'Amérique Centrale. Plus de 50% de la population a internet. C'est aussi le seul pays au monde a ne pas avoir d'armée. Contrairement à la plupart des pays voisins qui sont sous la coupe de dictateurs ou des cartels de la drogue, c'est une femme qui est présidente du pays. Bref, je m'apprête à rencontrer une population calme et non violente, proche de la nature, dont la devise est "Pura vida".

Arrivée dans la capitale sous une pluie torentielle. Je redoutais la saison des pluies ; elle était insignifiante au Guatemala, mais là j'ai comme un mauvais pressentiment. Le taxi pour rejoindre l'auberge de jeunesse me coûte une blinde. Première douche froide en comparaison au coût dérisoire au Guatemala. Mais quelques minutes plus tard dans l'hôtel, première douche chaude depuis 15 jours.

Tortugas Parismina

J'ai finalement choisi de ne pas jouer à Koh Lanta pour l'association des tortues (j'hésitais entre deux). Sur place, petit village de 400 habitants accessible seulement par bateau.

Tous les gens de l'association ont une famille d'accueil et sont dans une super maison avec wifi, clim, bar à cocktails et petit patio. Moi, on m'a donné la famille la plus pauvre du village.

Un cabanon en bois de 20 mètres carrés pour 5 personnes avec des fenêtres sans vitres. Il y a 2 chambres, une salle de bain et une cuisine dans 20 m2. Toute la famille (parents + garçons de 8 et 25 ans) se serre dans une chambre de deux lits, tandis que je dois honteusement occuper l'autre chambre, un lit double pour moi tout seul.
Je ne verrai quasiment jamais le fils aîné ni le père, sauf quand il dort affalé sur le canapé le ventre à l'air.

On est 12 étrangers à l'association, 9 filles de 20-24 ans, moi, et une mère et son fils de 10 ans. On est tous un peu dispersés dans le village, il pleut presque constamment et donc la plupart glandent chez eux avec leur colocataire (les filles sont par deux dans une famille). Pour ma part c'est uno et bataille corse avec Owen.

Sur place

L'ananassier est un arbre radin.

Patrouilles pour récupérer les œufs de tortues la nuit, le but premier de l'association. Reste à s'occuper la journée comme on peut. Il y a les jeunes du village qui jouent au beach volley les après-midi, sinon on se retrouve un peu dans la maison de l'asso. Devant elle d'ailleurs il y a des buissons qui donnent des fruits qu'ils appellent "coco plum". J'adore en prendre, ça a une texture marrante. Il y a aussi deux arbres à ananas, première fois que j'en vois.

On s'est organisés une petite excursion à Tortuguero, accessible seulement en bateau, tout comme Parismina. Tortuguero est plus touristique et plus gros mais plus charmant. Tout est très coloré, jusqu'au poubelles.

Je vois partout ces papillons très bleus et quelques oiseaux que je ne saurais nommer. Il y a pas loin un petit lagon avec des caïmans. "T'inquiète pas tu peux te baigner c'est eux qui ont peur de toi." Sur la rivière, en chemin, on a vu des iguanes, des paresseux, des singes, des grenouilles aux pattes bleues et au corps rouge orangé appelées "blue jeans". "Le Costa-Rica c'est la djungueule" me trotte dans la tête.

La pluie que j'ai tant regardée m'a aussi donné un bon souvenir. On était devant la maison des filles à discuter, tous en maillot de bain. La nuit est tombée vite et il s'est mis à pleuvoir des trombes d'eau ; je suis rentré pour dîner. Je me suis mis à courir dans le village, pieds nus, dans la boue. Avec l'obscurité je me suis égaré et je suis repassé plusieurs fois aux mêmes endroits. La pluie était chaude. J'étais perdu mais je me sentais libre et heureux. Les gens du coin devaient prendre cet étrange étranger qui court le sourire jusqu'aux oreilles pour un fou. Quand il a commencé à faire vraiment nuit, que je courais depuis 30 minutes et que les loups ont commencé à hurler je me suis senti un peu moins tranquille.

Saison des pluies

mon coude : un moustique est resté coincé dans ma moustiquaire au dessu de mon lit. Il n'a pas aimé.

En parlant du loup, on est en plein dans la saison des pluies. Tout est humide, il y a des mini marécages partout dans le village, tout est inondé, et il y a beaucoup de moustiques. Il pleut quasiment 24h/24 tous les jours, de la grosse pluie qui empêche toute activité. 2 fois à cause des éclairs les patrouilles de nuit sont annulées, ce qui n'est pas mal non plus, quand le réveil sonne à minuit et qu'on nous dit qu'on peut continuer de dormir.

Dans un petit village quand il pleut, qu'on est dans la seule maison sans internet, qu'on joue à la bataille 5 heures par jour et qu'il y a personne de son âge avec qui parler une langue qu'on comprend ça commence à faire long. La météo me tape franchement sur le système et je décide de partir sans trop savoir où sur la côte ouest, moins sujette à la saison des pluies dit-on.

Mal Pais et Playa Hermosa

A l'autre extrémité du pays, je vais vers Mal Pais, pays du surf et du yoga dixit le Lonely Planet. Au programme : location d'un quad à la journée pour aller voir les cascades de Montezuma avec un guide.
Ici il n'y a qu'une seule route qui longe la côte et tout le monde ne se déplace qu'en quad ou 4x4. Playa Hermosa est le seul endroit ok pour le surf, sans rochers.

Le soir, je tente un resto de sushis où le chef est connu pour cuisiner avec les poissons du coin. J'arrive après 20 minutes de quad dans la nuit noire sous la pluie et là jaillit de nulle part la lumière des centaines de bougies du restaurant en bord de plage. Génial.

Voir le soleil m'aura fait beaucoup de bien après Parismina. Montezuma est une très jolie petite ville mais celles autour sont plutôt moches, tout en long sur la grande route très poussiéreuse et très passante. J'ai pu voir un peu la campagne costa-ricaine et ses manguiers aussi. Bref, quelques petites balades, du surf et du quad, pas de quoi y rester 2 semaines mais 2 jours c'est bien.

Samara

"Le trou noir du bonheur" aux dires du guide. Je m'y retrouve par hasard, j'étais dans un bus pour un autre endroit sans trop de conviction, on demande qui veut aller là bas. Si au moins 2 personnes y vont le bus s'y arrêtera. Une seule personne voulait y aller, elle me convaint.

Sur place, une grande plage magnifique, à des années lumière de Mal Pais/Playa Hermosa. Beaucoup de calme, l'atmosphère d'un petit village de bord de mer très peu touristique, mais juste ce qu'il faut. Un restaurant de bord de mer éclairé avec des guirlandes. De quoi tomber amoureux.

Sur place pas grand chose à faire à part de la plage et un peu de surf le matin avec la marée.

Celle que j'ai suivie me dit que son frère jumeau est mort l'année d'avant et qu'il était venu au Costa Rica et qu'elle retraçait son itinéraire. On ne sait jamais trop quoi dire dans ces moments pareil.
Si je meurs et que vous allez à Samara, si un pêcheur tente de vous emmener à un endroit pour voir des poissons pour $25 alors qu'il n'y a rien, n'acceptez pas même si je l'ai fait. 5 jours plus tard vous serez aux Galapagos.

Monteverde

Dernier point de chute. Je suis venu pour voir la "djeungueule", pas la plage. J'arrive à Monteverde, village fondé par des quackers qui gère tout un pan de la fameuse "forêt dans la brume" du pays, unique au monde, qui abrite une faune et une flore unique elle aussi. J'arrive à midi après 7 heures de bus mais c'est encore trop tard, la forêt est à 2h de route du village (non mais !) et sera déjà fermée quand j'y arriverai et mon avion est demain.

Faute de mieux, petite visite d'un musée sur les papillons et les insectes à 2 pas de l'hôtel, bigrement intéressant. Puis le truc à touriste pour remplir l'après-midi : l'adventure park et ses tyrolliennes. Et c'est l'occasion de voir un perroquet sur le parking. Youhou !

Au retour à l'hôtel, il y a un paresseux juste devant l'entrée. L'hôtel s'appelle justement "Backpackers Paresseux" et la réceptionniste me dit qu'en 10 ans c'est la première fois qu'elle en voit ! re youhou ! Cette fois-ci il est à côté de nous, on pourrait le toucher, alors qu'à Tortuguero on voyait juste des boules au loin sur des arbres à 100m de nous.

Des gens qui ont fait le tour dans la "forêt dans la brume" m'ont dit que c'était pas génial, on marche juste et on voit rien parce que les animaux sont loins des sentiers.

San Jose

Petit tour de la ville avant de rentrer, l'occasion aussi de déjeuner avec une costa-ricaine rencontrée sur le ferry qui allait à Mal Pais. Elle commence son repas par une prière, et toute la conversation est en espagnol. Je sais pas si c'est d'être en Amérique Latine depuis 3 semaines ou quoi mais je suis assez fier de moi, même si c'est elle qui parle tout le temps ce qui est tant mieux puisque j'ai du mal à m'exprimer.

En soi la ville est ni bien ni pas bien, il y a 2/3 monuments sympas comme le palais de justice, sinon rien de spécial. Ah oui, ne vous asseyez pas sur les bancs devant le théâtre national. Il y a beaucoup de pigeons très joueurs sur les arbres.

Conclusion

Ne partez pas avec l'idée en tête que le Costa Rica sera la "djeungueule". Il y en a certainement mais à moins de faire 15 jours d'excursion dans la jungle vous ne verrez pas de jaguar ni rien si vous allez de ville en ville à la journée. Je me suis mis la barre trop haut et j'ai été quelque peu déçu, alors que pour le Guatemala c'était l'inverse. (Ne vous mettez pas la barre trop haut au Guatemala non plus).

Ne partez surtout pas en juillet-août non plus. La saison des pluies a tué mon moral les premiers jours. Et qu'est ce qu'on fait quand il pleut ? On lit. Quoi ? Le guide. Et qu'est ce qu'il dit ?

Ceci dit il y a eu de belles surprises : le paresseux et le perroquet, et la rencontre d'un groupe de jeunes costa ricains aux cascades de Montezuma et le petit coup de poing en disant "Pura vida" pour se dire au revoir. Et aussi vivre dans une famille d'accueil et la nuit extraordinaire sur la plage avec la tortue qui pond.

Pura vida.

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