Des actualités personnelles sous un style impersonnel, et inversement.
Salt Lake City. La ville par excellence des Rocheuses, là où se sont déroulés les JO d'hiver en 2002. Un nom qui me laissait rêveur.
Alors quand j'ai réservé pour quelques jours entre les fêtes, l’attente était simple : de la neige, des sapins. Et bien sûr, sentir l'atmosphère qui règne dans la capitale des Mormons.
Je suis venu à la base pour faire du ski de fond. Je débute : après avoir atteint un plateau il y a une vingtaine d'années en ski alpin je ne m'amusais plus trop et n'allais guère plus à la montagne. L'envie de profiter de la neige autrement m'a donné comme un nouveau souffle.
Malheureusement, le ski de fond est comme qui dirait... pas à la mode. Toutes les stations n'ont d'ailleurs pas de pistes. Alors quand on part avec des amis qui veulent faire du ski alpin, il va falloir s'organiser. D'autant plus que la météo m’a réservé une surprise : 10°C à l'atterrissage, peu de neige dans les montagnes. Le pire hiver en 200 ans m'a t-on appris.
Tout le monde était surpris, mais personne ne semblait faire le lien avec les jacuzzis en extérieur qui chauffent toute la journée même en hiver, comme dans la résidence de notre airbnb...
Première station que j'essaye : Solitude. Ils disaient que 8 pistes étaient ouvertes, mais une fois sur place ils expliquent qu'il n'y en a qu'une de damée. La piste ? 500 m autour d'un lac gelé. J'ai donc tourné en rond pendant 2h. La station portait bien son nom.
Seconde station : Soldier's hollow. LA station du ski de fond, où se sont déroulées les épreuves en 2002.
J'arrive dans un décor de pâturages verdoyants, là où il est sensé y avoir 30 cm de neige partout. Heureusement, il y a des canons à neige et une longue piste (1.5km ?) est ouverte. Là encore il s'agit de faire des tours, mais de bas en haut puis de haut en bas cette fois.
C'est spécial, le biathlon. Et les gens aiment ça ! Tout le monde faisait des allers-retours sans arrêt, me doublant régulièrement. Il s'agissait parfois de deux amis qui discutaient tout en gravissant la pente sans effort. Des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes. Un père tirait même son enfant dans une luge avec un harnais, tel un cheval et son traîneau.
Et moi pendant ce temps là je poussais péniblement sur mes bâtons avant d'être mort d'épuisement. Tous les dix mètres, une pause s'impose ! Le pas de patineur sur 500m de montée c'est plus facile à dire qu'à faire.
Ceci étant, j'y ai pris goût. Un peu comme le footing où notre corps en redemande, j'étais de moins en moins fatigué chaque jour.
Et cerise sur le gâteau : j'ai pu tester le biathlon ! Et croyez-moi, ce n'est pas simple.
La cible est à 50m et fait 4.5cm de diamètre (faites un cercle avec votre pouce et votre index pour vous en rendre compte).
Il faut vraiment des bons yeux (il n'y a pas de "lunette grossissante") et j'ai appris pas mal de choses, comme par exemple que s'il y a du vent, les athlètes doivent régler leur fusil en conséquence grâce aux drapeaux sur la piste et à leur entraîneur qui surveille leurs tirs.
Comme à quelque chose malheur est bon, j'ai pu découvrir Antelope Island dans des conditions exceptionnelles.
Il s'agit d'un parc gigantesque, avec vue sur le lac - lac qu'on ne voit quasi pas depuis Salt Lake City. Et surtout, avec des bisons. Vous êtes assurés d'en voir.
Le parc se fait très bien en une journée. Il y a pas mal de sentiers de randonnée, donc vous prenez votre voiture et allez au départ de l'un d'eux, randonnez un peu, puis allez à un autre. Certaines randonnées sont très longues (plus de 5 km), d'autres sont très courtes.
Il y avait peu de monde en cette période de l'année, et sous un beau ciel bleu je me suis retrouvé seul en haut d'une colline, avec vue sur quelques bisons loin en contrebas, sur une plage de sel, et face à l'immensité du lac. Un de mes meilleurs souvenirs.
Note : il s'agit d'un "state park" et pas d'un "national park". Comme quoi !
La ville en soi n'est pas très différente de ce que je connais aux USA : des grandes rues qui la quadrillent, pas de style architectural particulier à part quelques bâtiments des années 1800, ...
Néanmoins, avec les montagnes qui la cernent et leurs sommets enneigés, on se croit dans une carte postale. On s'y sent d'autant mieux que les montagnes ne sont pas "juste à côté" : la ville est dans une plaine gigantesque, plate, non enclavée, et les montagnes au loin ne sont pas "oppressantes". Autre atout : tout est à 15-20 minutes de voiture (contre 40 dans la Silicon Valley d'où je viens).
Il y avait donc une atmosphère de ville de province moyenne alors qu'il y a quand même un million d'habitants dans SLC et sa périphérie. Je m'y sentais plus relaxé que chez moi. Mais c'est aussi à cela que servent les vacances ! Toujours est-il que je ne dirais pas non à y faire mon trou : il y a la neige l'hiver (199 fois sur 200), la montagne et le lac l'été où les gens font du wakeboard de ce que j'ai compris, des coûts moindres, ...
Les mormons ? J'ai vu plus d'églises que d'habitude avec des noms plus étranges que d'habitude, mais aucune différence de comportement chez les gens.
Difficile de faire son choix à SLC. Il y a beaucoup de stations différentes ainsi que Park City, qui est comme une grosse station à part.
Nous avons opté pour :
Notes :
Les vacances de Noël sont maintenant terminées, déjà envie de repartir. Où ? Je ne sais pas encore, mais je suis maintenant persuadé qu'il ne faut pas viser de ville mais plutôt des éléments naturels aux USA !