Site Perso de

Thomas JANNAUD

Des actualités personnelles sous un style impersonnel, et inversement.



Un africain dans la ville
à la rencontre des migrants à Paris 23 Mars 2016

Une amie m'a emmené hier voir un camp de migrants. Pas besoin d'aller jusque Calais, il y en a quelques uns à Paris, comme sous le métro Stalingrad, où 500 personnes se massent pour dormir chaque nuit dans des sacs de couchage, sur de vieux matelas.
Elle s'approche d'eux et leur dit bonjour, leur serre la main, les embrasse. Elle vient souvent, et fait partie d'une association qui crée des petits événements pour eux : concerts, démonstrations de jonglage, ...

Je ne savais pas qui étaient ces migrants dont tout le monde parle. Des syriens, des afghans, ... ? Je voyais juste à la télé que c'était sale et qu'ils sautaient de Charybde en Scylla : pourquoi faire autant de chemin pour venir jouer aux clochards ici et se faire rappatrier ? Puisque je suis là, autant y être à fond.

Dans la continuité de mon amie, je leur dis bonjour aussi. J'ai tendu ma main, et je les ai même touché !
Et eux aussi m'ont touché. Ceux à qui je parle sont venus du Soudan, un pays arabophone, mais ils parlent couramment anglais et sont très éduqués. Il y a la guerre au Soudan, des crimes, ... et ils cherchent donc à s'enfuir, ce que seuls les plus élevés socialement peuvent se permettre. Un premier bateau pour l'Italie, puis un second pour la France. Ils ont rejoint Calais mais se sont fait délogés.

Leur futur

Comme il n'y a pas de problème de communication, je les bombarde de questions. Comment voient ils leur futur ? Pourquoi ont ils l'air optimistes à dormir dehors par ce froid ? Pourquoi être venus en France ? Cherchent ils du travail ? Ont ils pensé à aller dans un autre pays où ils parlent la langue ? ...

Beaucoup de questions, une réponse simple. Ils attendent des papiers de la France. Une fois les papiers en main, ils pourront chercher du travail. S'ils faisaient un petit boulot en attendant (serveur, ...) et qu'ils se faisaient prendre, ça mettrait un terme à leur demande de papiers.
En fait, seulement 10% des migrants ici parlent anglais, les autres ne parlent qu'arabe. Ils se disent prêts à apprendre le français quand ils auront leurs papiers. Cela fait 3 mois(tout l'hiver !) qu'ils sont arrivés ici, les papiers mettent du temps à venir mais ils ont confiance, ils les auront.

Je leur demande pourquoi la France : l'intégration me parait beaucoup plus simple dans un autre pays d'Afrique ou du Moyen Orient pas en guerre. Un petit sourire passe sur leurs lèvres. En France on est moins racistes qu'ailleurs me dit il. Mais la vraie réponse est qu'il y a les allocations et que cette aide leur semble énorme pour démarrer une nouvelle vie.

J'ai envie d'aider ces gens, de les héberger le temps qu'ils puissent trouver un travail. Mais comme disait Sarkozy, la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. On peut en héberger quelques uns bien sûr, si quelqu'un montrait l'exemple suivre serait plus simple, mais ensuite c'est tout le pays qui débarque ? D'un autre côté nous avons la chance d'être nés en France, pourquoi pas eux ? ...

Je pars retrouver mon petit appartement bien chaud, le coeur déchiré et l'esprit retourné. Que faire ?

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