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Thomas JANNAUD

Des actualités personnelles sous un style impersonnel, et inversement.



Tournoi de sumos
en un mot : super ! 16 Mai 2009

Aujourd'hui, tournoi de sumos ! J'y suis allé avec Gilles (encore) car il était venu l'an dernier. Et à dire vrai sans lui je n'aurais pas été au courant du tournoi, et je n'aurais pas non plus su où acheter les billets (dans n'importe quel "combini" en fait = les petites épiceries ouvertes 24h/24).

La légende veut que les combats de sumos soient un moyen pour une tribu de prouver sa supériorité sur une autre : au lieu de faire la guerre on fait combattre les 2 meilleurs combattants et c'est vite fait. Mais légende et Histoire ne font pas bon ménage, et ces combats auraient été un peu l'équivalent des combats de gladiateurs chez les romains : un divertissement pour la Cour et pour le peuple. A ceci près que les combattants étaient (et sont encore !) grassement payés.

Passons à la pratique : un tournoi se déroule sur 15 jours, et tous les jours tout le monde fait un combat. Il n'y a rien d'éliminatoire. Le vainqueur est celui qui au terme de ses 15 combats aura le plus de victoires (typiquement 13 ou 14 victoires pour 1 ou 2 défaites). Un combat par jour par personne donc. Il y a 6 tournois par an : 1 (2 ?) à Tokyo, un à Osaka, un à Nagoya, ... Ceci contribue à établir un classement des sumos, un petit peu comme les ligues en football chez nous. Il y a 800 sumos environ, répartis sur 6 "divisions", et il y a en réalité 6 tournois en même temps, puisque les sumos ne se battent que contre les sumos de la même division (comme le foot encore un fois). Les plus mauvais (ligue 6) combattent tous les matins de 8h à 9h30, puis la ligue 5 de 9h30 à 11h et ainsi de suite. A chaque changement de division, il y a une "cérémonie" de 2 minutes : les sumos de la division sont appelés au micro, ils montent sur le dojo autour du cercle et nous font face, et ils portent des habits spéciaux. Après ceci, un de ces sumos reste sur le tapis et fait un petit rituel en tapant ses pieds sur le sol, et à chaque fois qu'il lève sa jambe pour frapper le sol, les japonais crient "Yucha".

tournoi sumos

Déroulement d'un combat :

Il n'est pas rare que les sumos soient complètement projetés du dojo/ring : le but est de se pousser hors du cercle, et le dojo est surélevé de 1 mètre environ. Et les sumos... ça roule... jusque dans le public qui se tient à 2 mètres même pas du dojo.
Sinon les combats s'enchaînent au rythme de 1 toutes les 5 minutes : ça prend vraiment beaucoup de temps de se regarder, se relever, revenir lancer du sel... c'est même un peu ch*ant (cf vidéo)

Il y a une multitude de symboles autour du combat et je ne vais pas les passer en détail. Par exemple la couleur de la tenue de l'arbitre signifie son grade d'arbitre, ou les sumos pour montrer qu'ils appartiennent à telle ou telle division (de 1 à 6) ont leurs cheveux coiffés de telle ou telle manière. Moi j'avais une place tout au fond alors j'ai pas vu. Et leur ceinture qui leur sert de slip a aussi des petits trucs en plus qui pendouillent s'ils sont en division 1. 42 personnes sont en division 1, et comme au foot on monte ou on baisse de grade (au sein de la division) ou on peut monter ou baisser de division.

Le plus haut grade dans la division 1 est très spécial, seules 2 personnes l'ont. Il s'agit du titre de "Yokozuna". Si vous l'obtenez, vous ne pouvez plus descendre de niveau. Les Yokozuna font aussi 15 combats, comme les autres. S'ils perdent trop ils préféreront la retraite au déshonneur.

Il n'y a pas de "victoire = 3 pts, défaite = 0", ... J'ai cru comprendre que les arbitres décident de qui monte et de qui descend en grade, et ils ne tirent pas non plus au sort les combats.

Les combattants sont japonais, mongoles, il y a quelques russes et un bulgare. Il n'y a pas de limite de poids, mais le plus gros ne gagne pas forcément, loin de là. J'ai vu un gars tout maigre éviter le gros qui lui fonçait dessus dès le début du combat ; le gros s'est vautré et il aura donc fallu moins de 2 secondes au petit maigre pour gagner.

Les japonais ne s'intéressent surtout qu'à la ligue 1 et un peu à la 2. Ils ne viennent que vers 15h pour repartir à 18h. Ils ont donc "leur" champion un peu comme nous on a "notre" équipe de foot et ils scandent leur nom, mais il y a surtout 4 ou 5 gars bien aimés : les 2 Yokozuna, le bulgare et 2 autre qui sont au grade juste en dessous de dieu suprême = Yokozuna, et qui y prétendent. Avant 15h, le "stade" est quasiment vide, et les gens des divisions 3, 4, 5, 6 ne jettent pas de sel. En fait je crois surtout qu'ils se la pètent un peu moins parce que personne ne les regarde. Du coup ils ne font que 1 aller-retour-lancer de sel au lieu de 4, et honnêtement je ne fais pas la différence entre leurs combats / leur corpulence et ceux de la division 1.

Conclusion : c'est assez spectaculaire, surtout quand le gros sumo de 200 kilos tombe sur les gens du public qui payent leur place une fortune pour se faire rouler dessus. Et les sumos, ce n'est pas juste de la force : au moins 1 fois sur 2 ils font une prise élégante au gars / un coup de toréador et l'adversaire se retrouve par terre.

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