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Thomas JANNAUD

Des actualités personnelles sous un style impersonnel, et inversement.



Le chômage pour tous
La solution finale 07 Septembre 2013

C'est un nouveau drame qui s’abat sur la ville de Mourmoulins. Après la fermeture de la fabrique de sabots en granit, son usine de papier bulle licencie tous ses ouvriers pour les remplacer par des robots. Plus qu'une ville, c'est toute une région qui est sinistrée. Sylvain Michet, 52 ans, est scandalisé : “C’est encore la faute des chinetoques !"

Après avoir saccagé les locaux et détruit les machines, les syndicats égorgent maintenant un à un les membres du comité de direction de l'entreprise pour protester contre leur manque d’humanité vis à vis du petit personnel. Ils réclament en outre 10 millions d'euros à l'état français pour remplacer les machines cassées et 10 autres millions pour poursuivre leur activité à perte pendant les 5 prochaines années.

La justice a dédouané les auteurs du massacre parce que perdre son emploi, c'est normal que ça énerve et que ça fasse faire n’importe quoi. Et puis les patrons c'est tous des cons.

Revenant sur cet épisode douloureux de la vie de tous les jours, je me demande si dans l'absolu la robotisation est si mauvaise que ça. Si demain les robots cultivaient du riz, cueillaient des fruits, conduisaient les métros (ah tiens c’est déjà fait), ... nous n'aurions plus rien à faire pour subvenir à nos besoins. Le chômage pour tous est une situation vers laquelle nous devrions vouloir tendre et non pas éviter, non ?

Depuis toujours, bien avant la révolution industrielle, l'être humain s'escrime à améliorer ses outils, à optimiser ses capacités de production, ... Mais à quoi bon si nous n'en profitons pas ? Nous voulons toujours plus et c'est pourquoi nous avons moins. Si nous nous organisions mieux, avec les moyens dont nous disposons, je suis sûr que nous pourrions tous travailler peut être que 1 ou 2 jours par semaine. Il faudrait "juste" apprendre à partager mieux et arrêter de vouloir plus que le voisin.

Ma pensée va aussi à tous ceux qui travaillent dans des bureaux avec une valeur ajoutée inconnue, et plus particulièrement à l’entreprise qui partage nos locaux. On n’a pas su me dire ce qu’elle vendait. Je ne vois rien d’autre que des gens plus ou moins en costume qui sont devant des ordinateurs sans se parler, qui font parfois des réunions, qui passent parfois des coups de fils à des clients pour raconter leurs vacances, et je ne sais toujours pas ce qu’ils produisent. Eux non plus je pense.

Mais ce n’est pas grave. Les clients l’achètent, achètent d’autres trucs à d’autres entreprises, ils touillent et ils revendent ça plus loin. Et bam ! En plus de faire des chocapic ça fait aussi tourner l’économie.

Total vend de l’essence. Il ont des agents dans leurs stations service (normal), sur leurs plateformes pétrolières offshore (normal), et aussi 10.000 employés dans leur tour à la défense qui travaillent sur on ne sait quoi. Des “projets" j’imagine, qu’ils discutent au cours de longues “réu".

Ils ont sans doute fait une bonne école de commerce et ils ne viendraient pas chez Total par hasard si des RH ne leurs promettaient pas une évolution de carrière dans une société qui laisse une place à l’humain, et où ils contribueraient de manière unique à la construction d’un monde meilleur, ensemble. Ils ne savent pas encore que c’est le début de la fin pour leurs neurones, et le début tout court pour leurs jeunes cernes.
On les retrouve tous les matins dans le métro ; ils portent un costume qui les vieillit et une petite malette qui ne contient rien mais qu’il faut avoir pour faire sérieux. Et ils jouent à Paf le chien sur leur iPhone tout en tirant une gueule corporate. Le soir quand ils retrouvent leurs amis en afterwork ils peuvent répondre avec fierté “chef de projet chez Total" quand on leur demande ce qu’ils font. Et tout le monde fait “aah".

En soit je m’en fiche un peu de savoir qu’il y a des entreprises comme ça. Ce sont les affaires des autres ; c’est la vie, ça nous arrive(ra) tous et si l'on s’en rend compte on peut changer.
Le problème c'est que c'est "les affaires des autres", oui, mais à une tellement grande échelle que ça impacte ma vie, et c'est ce qui m’ennuie vraiment.

Il faut cesser l’hypocrisie derrière tout cela. Un petit peu celle des employés, et beaucoup celle du système qui nous prend au piège. Acceptons de reconnaître l’inutilité du travail “des bureaux", répartissons mieux l’énergie des gens à des choses plus utiles et ayons tous plus de temps libre ! On a les moyens de tous vivre mieux en délaissant certaines activités non primordiales et en redistribuant intelligement le travail aux gens.
(P.S je n’ai rien contre Total, et si ça se trouve ça ne s’y passe pas comme ça mais j’ai juste pensé aux tours de la défense et les ai prises pour cible gratuitement)

Je ne dis pas que les bureaux du monde entier ne servent à rien, mais c’est dur de ne pas avoir cette impression de gâchis. La sphère économique moderne semble de loin n’être qu’un vaste endroit où l’on s’échange emails, powerpoints, fichiers excel et stress.

pole emploi licensiement

Un saint homme tenait un jour une conversation avec Dieu. Il lui dit: “Seigneur, j'aimerais savoir comment est le paradis et comment est l'enfer “.
Dieu conduisit le saint homme vers deux portes. Il ouvrit l'une des portes et permit au saint homme de regarder à l'intérieur.

Au milieu de la pièce, il y avait une immense table ronde.
Au milieu de cette table, il y avait une grosse marmite contenant un ragoût à l'arôme délicieux.
Le saint homme saliva d'envie. Les personnes assises autour de cette table étaient maigres, livides et malades. Elles avaient toutes l'air affamées. Elles tenaient des cuillères aux très longs manches, attachées à leurs bras. Toutes pouvaient atteindre le plat de ragoût et cueillir une cuillerée. Mais, comme le manche de la cuillère était plus long que leurs bras, elles ne pouvaient ramener les cuillères dans leur bouche.

Le saint homme frissonna à la vue de leur misère et de leurs souffrances.
Dieu dit : "Tu viens de voir l'enfer".

Dieu et le saint homme se dirigèrent vers la seconde porte. Dieu l'ouvrit. La scène que vit le saint homme était identique à la précédente.
Il y avait la grande table ronde, la marmite de délicieux ragoût qui fit encore saliver le saint homme. Les personnes autour de la table étaient également équipées des cuillères aux longs manches. Cette fois, cependant, les gens étaient bien nourris, replets, souriants et se parlaient les uns aux autres en riant.

Le saint homme dit à Dieu :
“Je ne comprends pas !"
"C'est simple", répondit Dieu. "Ils ont appris à se nourrir les uns les autres tandis que les gloutons et les égoïstes ne pensent qu'à eux-mêmes ... cela fait toute la différence…"

Je m’arrête ici afin de vous épargner de longues tribulations sur une humanité communiste et 10 fois moins peuplée qui ne consommerait que ce dont elle a besoin et où l’on ne chercherait pas à avoir toujours plus que le voisin. Je ne crois bien sûr pas à tout ce que je dis mais une petite partie de moi qui rêve à des vies plus remplies aura toujours envie de crier “Vive la robotisation, vive un retour à la réalité et vive le chômage".
Sur ce, je vous laisse, je dois faire mes bagages pour aller en vacances tout compris en république dominicaine dans un hôtel 5* pour faire du 4x4 et de la pêche à la baleine, dernier pays où c'est autorisé.

J’attends vos impressions !

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